établi
par Philippe Ségura,
Compte-rendu
de
l'Assemblée
générale de l'APLG
14 décembre 2002
membre du bureau de l'APLG
Devant quarante collègues venus des cinq départements, Yves Touchefeu ouvre la séance à 15h, en commençant par excuser quelques collègues absents pour des raisons diverses.
Avant de passer la parole à l'intervenante du jour, Anne ARMAND, Inspectrice pédagogique régionale dans l'Académie depuis 1994 devenue aujourd'hui Inspectrice générale des lettres, Yves rappelle la qualité des rapports et de la collaboration entre l'A.P.L.G. et l'Inspection au cours de ces années, dans le respect des statuts de chacun. Tout en ayant le soutien et la confiance de l'Inspection pour ses interventions auprès des collègues, l'Association a bien été respectée en tant que telle dans ses attributions, en conservant sa liberté de parole.
Mme ARMAND rappelle qu'elle est membre de l'A.P.L.G. depuis son arrivée dans l'Académie mais qu'elle n'avait jamais participé à une assemblée générale pour éviter toute confusion et permettre à chacun de s'exprimer sans la gêne qu'aurait pu induire son statut. Depuis son départ elle est remplacée par un I.P.R. de lettres modernes. Il n'y a donc plus d'inspecteur de lettres classiques dans notre Académie comme dans plusieurs autres Pour les inspections en grec, les I.P.R. de lettres classiques encore en fonction verront désormais leurs compétences étendues à plusieurs académies mais pour le latin, Madame Armand rappelle que tous les I.P.R. de lettres sont officiellement mandatés pour inspecter le cas échéant dans cette discipline.
Son intervention se déroule ensuite en trois temps.
Un rapide bilan permet de rappeler que l'année scolaire écoulée a été riche en symboles : le séminaire national d'octobre 2001, suivi des journées de réflexion en janvier 2002 ont permis de dresser un état des lieux et d'engager un certain nombre de réflexions sur des sujets importants. Un document vantant les mérites des langues anciennes a été adressé à tous les élèves de troisième et une circulaire a été adressée aux recteurs pour leur demander de faire en sorte que ces disciplines retrouvent des conditions d'enseignement décentes. Toutes ces opérations ont eu un coût financier important : pourtant on sait que d'une Académie, d'un département, d'un établissement à l'autre, l'efficacité réelle a été très variable. Le document d'information reste sur différents sites institutionnels mais ne sera pas réédité. Beaucoup de choses restent à faire, qui, selon Madame ARMAND, "reposent sur nous".
Madame ARMAND évoque ensuite les chantiers en cours :
-La nouvelle épreuve de langues anciennes au baccalauréat : l'ex-groupe technique disciplinaire, en théorie dissous, achève actuellement son dernier travail. Les premiers tests de la nouvelle maquette de sujets se sont avérés encourageants : dix propositions de sujets ont été demandées à des IPR qui ont formulé des propositions demandées à des IPR qui ont formulé des propositions très convergentes, ce qui laisse à penser que la nouvelle formule verrait le jour sans difficulté. Une proposition d'annales zéro sera mise en ligne vers le mois d'avril.
-Une réforme des classes préparatoires est en préparation, pour simplifier une situation jugée extrêmement complexe aujourd'hui.
Notre intervenante évoque enfin ce qui est dans " l'air du temps " :
-Le CNDP serait prêt à financer et mettre en préparation un manuel de grec pour les lycées pour pallier l'absence de manuels aujourd'hui, mais les grands éditeurs sont aussi en train d'y travailler.
-Au cours d'un récent colloque à Trévise de l'Union Latine (association qui regroupe des pays issus des langues romanes) une motion vient d'être votée pour rappeler que " le latin est notre patrimoine commun et mérite d'être enseigné " sur le modèle retenu par la France, à savoir les textes authentiques.
- Par ailleurs, Heinz Wismann, chargé d'une mission d'évaluation des langues anciennes en Europe auprès du précédent Ministre, conclut de son côté à "un héritage patrimonial à transmettre à tous" sans toutefois le lier nécessairement à un enseignement de la langue. On pourrait bien alors s'orienter vers un enseignement de cet héritage patrimonial généralisé à tous les élèves, et un enseignement de la langue réservé à des spécialistes : cependant ce serait un revirement complet par rapport à l'idée du " latin pour tous ".
-En ce qui concerne les concours une double réforme semble se profiler même si rien n'est encore imminent : une fusion entre CAPES et agrégation, le double niveau de recrutement étant semble-t-il une exception française, et une autre entre lettres classiques et lettres modernes pour rééquilibrer le poids jugé excessif des langues anciennes dans l'un des deux concours et très insuffisant dans l'autre.
Madame ARMAND termine son propos en donnant quelques chiffres :
Les effectifs en grec sont en hausse pour la première fois depuis longtemps. En revanche, ceux des latinistes accusent une légère baisse et surtout on constate une déperdition d'environ 75% des élèves entre la cinquième et la fin du collège alors que les hellénistes semblent plus sûrs de leur choix, qu'ils poursuivent jusqu'au bout. Peut-être est-ce lié au fait que le grec est réellement choisi.
Un sujet d'inquiétude sérieux est lié à la série littéraire qui ne compte plus guère que 10% des lycéens et se voit donc menacée de fusion avec d'autres séries à court terme. Les groupes de travail disciplinaires ministériels ont ainsi été fusionnés en trois nouveaux pôles : sciences, technologie et " humanités " comprenant les lettres, les langues, l'histoire, la musique et les arts
La conclusion est que s'il n'y a pas de raisons de s'inquiéter à court terme, il faut savoir de des décisions importantes seront à prendre à tous les niveaux de notre enseignement dans les mois à venir.
Cette intervention est suivie d'un temps de discussion où des collègues font état de difficultés rencontrées dans tel ou tel établissement, rendant intenable la situation des langues anciennes.
Pour toutes ces difficultés, une seule démarche : informer l'inspection par voie hiérarchique, ce qui donne une valeur officielle à la démarche et autorise une intervention des I.P.R. auprès des chefs d'établissement.
A une question sur le développement du bilinguisme, Mme Armand répond que si quelques expériences ont été conduites avec succès dans quelques établissements (à Lille notamment), il s'agissait bel et bien d'expériences menées dans un contexte à chaque fois spécifique (lycées technologiques par exemple) et que le risque est grand de voir des options existantes se transformer en " clubs de langues anciennes " sans réel contenu et en contradiction avec les nouveaux programmes. " On ne peut pas faire en une heure et demie ce qui est prévu pour l'être en trois heures ". Par ailleurs, ce choix annihilerait l'argument principal développé auprès des chefs d'établissement pour le maintien de l'horaire officiel. Conclusion : " Que le cours de latin reste un cours de latin pour ne pas tout perdre ".
Après avoir remercié Madame Armand pour son intervention et lui avoir remis un ouvrage en cadeau de la part de l'A.P.L.G. Yves Touchefeu présente à l'assemblée générale le rapport d'activité de l'année : participation aux états généraux des langues anciennes, stages de formation, bulletin, liens avec la CNARELA, et surtout pour la première fois cette année l'organisation de la quinzaine de l'antiquité. Un bilan présenté comme le fruit d'un travail mené collectivement et dans un esprit d'amitié qui en assure la richesse. Ce bilan est présenté par écrit dans un document remis à l'ensemble des participants et commenté point par point avant d'être mis aux vote et adopté à l'unanimité.
Thierry Brigandat présente ensuite le bilan financier de l'association : si l'exercice 2002 est déficitaire, en raison notamment de la première édition des journées de l'Antiquité l'état des réserves de l'association lui a permis de faire face à ces dépenses supplémentaires et les comptes sont toujours positifs. Après avoir remercié le trésorier pour ses explications et le travail important fourni tout au long de l'année, Yves met aux voix ce bilan adopté à l'unanimité .
Cette année étant une année de renouvellement du bureau, Yves Touchefeu fait le point des départs annoncés et des candidatures nouvelles : Côté départ, Didier Laporte, Nicole Chotard, Françoise et Jean-Claude Gaven ont choisi de ne pas se représenter dans le nouveau bureau. Après les avoir remerciés pour tout le travail effectué pour l'A.P.L.G. depuis de nombreuses années &emdash; plus de vingt-cinq ans au service de l'association pour Françoise et Jean-Claude Gaven ! &emdash; Yves présente deux nouvelles candidatures, en plus des membres sortants qui acceptent de se représenter : Marina SALMON du collège de BOUGUENAY (Loire-Atlantique) et Claudine PAQUE, du lycée de Lattre de Tassigny à La Roche-sur-Yon (Vendée). Le nouveau bureau, élu à l'unanimité, compte donc 19 membres.
Un dernier temps est consacré à la présentation des projets concernant les journées de l'antiquité 2003.
Yves présente les projets, le soutien acquis de l'A.P.H.G., les démarches entreprises auprès du rectorat, via les inspections de lettres et d'histoire géographie, et de la DRAC ainsi que du C .R.D.P. L'objectif est de convaincre la Région de l'intérêt de ces journées en ce qui concerne le patrimoine, et pas seulement du point de vue des cours de latin ou de grec ! Les contacts établis avec les musées de la ville de Nantes en 2002 sont excellents et permettent d'envisager une nouvelle collaboration efficace pour 2003. Enfin, Yves annonce la venue de conférenciers à Nantes le mercredi 26 mars (Pierre Brulet historien de l'université de Rennes et Sylvia Pittia, spécialiste de Denys d'Halicarnasse) et une intervention de notre collègue Françoise Boussard sur " Baudelaire et l'antiquité " probablement le mercredi 2 avril en soirée dans des lieux à définir.
Le " concours " plébiscité par les collègues en 2002 devrait pouvoir être reconduit si nous atteignons le nombre souhaité de correcteurs pour le 12 avril: Michel Rival attend toujours les candidatures (de correcteurs) : 3 seulement déclarées avant le début de cette assemblée mais un certain nombre de participants se déclarent prêts à y participer. La liste commence à s'étoffer mais l'appel reste lancé (Cf. bulletin n°1)
L'après-midi
s'achève traditionnellement sur le partage d'un verre de
l'amitié accompagné des toujours aussi délicieux
petits-fours de l'A.P.L.G.
La première réunion du nouveau bureau aura lieu le
samedi 8 février 2003 à Nantes.